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Cet extrait met en scène l'esprit de [[Fargöth]], la Source de la création, et [[Arthéon]] le guerrier.
 
Cet extrait met en scène l'esprit de [[Fargöth]], la Source de la création, et [[Arthéon]] le guerrier.
  
{{Début citation}}— Lorsque je suis devenu une entité dotée de conscience, il n’y avait rien…  Pas de lumière, pas d’obscurité, par de matière solide, ni liquide, ni gazeuse, aucune forme de vie, de mort, rien ! Toutes ces choses, [[olydrien]], tu ne peux les concevoir. Très vite, j’ai découvert l’étendue de ce que je pensais être un don. J’étais capable de songer à des choses qui n’existaient pas, puis de les générer à l’aide des flux magiques parcourant mon âme, car c’est tout ce que j’étais à l’origine. Une idée… Un être immatériel capable de penser au milieu du vide absolu. Tel un élu venu au monde par hasard ou par la volonté d’un être supérieur, je me sentais capable de remplir le rien, mais avec quoi ? J’ai entrepris de faire des expériences afin d’élever mon esprit. Je voulais être en mesure d’élaborer des éléments toujours plus complexes. Au début, ce n’était pas concluant, mais à force d’efforts, je fus en mesure de matérialiser la lumière. Insatisfait, je compris que ces rayons infinis avaient besoin d’être moins purs…. Moins rectilignes… Ainsi créai-je la matière gazeuse, venue déformer ces faisceaux, mais cela ne me suffisait pas. Il manquait quelque chose. Une chose essentielle dont je percevais la nécessité sans pour autant parvenir à me l’imaginer distinctement. Puis je ressentis une forme de délivrance lorsque je compris… La lumière avait besoin de se refléter, de percuter quelque chose de dense… de solide ! A partir de cet instant, tout s’enchaina très rapidement. Je générai la roche, puis l’eau, les nuages, j’entrepris de couvrir la matière de textures diverses… Les connexions découlaient comme des évidences ! J’étais pris d’une frénésie créatrice proche de la folie ! Ainsi fut créée [[Arturis]], l’épicentre de l’univers. La planète originelle… Ma maison…<ref>{{Roman Noob|saison=4.5|pages=78 et 79}}</ref>{{fin citation}}
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{{Début citation}}— Lorsque je suis devenu une entité dotée de conscience, il n’y avait rien…  Pas de lumière, pas d’obscurité, pas de matière solide, ni liquide, ni gazeuse, aucune forme de vie, de mort, rien ! Toutes ces choses, [[olydrien]], tu ne peux les concevoir. Très vite, j’ai découvert l’étendue de ce que je pensais être un don. J’étais capable de songer à des choses qui n’existaient pas, puis de les générer à l’aide des flux magiques parcourant mon âme, car c’est tout ce que j’étais à l’origine. Une idée… Un être immatériel capable de penser au milieu du vide absolu. Tel un élu venu au monde par hasard ou par la volonté d’un être supérieur, je me sentais capable de remplir le rien, mais avec quoi ? J’ai entrepris de faire des expériences afin d’élever mon esprit. Je voulais être en mesure d’élaborer des éléments toujours plus complexes. Au début, ce n’était pas concluant, mais à force d’efforts, je fus en mesure de matérialiser la lumière. Insatisfait, je compris que ces rayons infinis avaient besoin d’être moins purs…. Moins rectilignes… Ainsi créai-je la matière gazeuse, venue déformer ces faisceaux, mais cela ne me suffisait pas. Il manquait quelque chose. Une chose essentielle dont je percevais la nécessité sans pour autant parvenir à me l’imaginer distinctement. Puis je ressentis une forme de délivrance lorsque je compris… La lumière avait besoin de se refléter, de percuter quelque chose de dense… de solide ! A partir de cet instant, tout s’enchaina très rapidement. Je générai la roche, puis l’eau, les nuages, j’entrepris de couvrir la matière de textures diverses… Les connexions découlaient comme des évidences ! J’étais pris d’une frénésie créatrice proche de la folie ! Ainsi fut créée [[Arturis]], l’épicentre de l’univers. La planète originelle… Ma maison…<ref>{{Roman Noob|saison=4.5|pages=78 et 79}}</ref>{{fin citation}}
  
 
{{Début citation}}— Ce tableau magnifique, cette œuvre que je pensais terminée, me parut très vite ennuyeuse. Trop calme... Trop prévisible... Trop figée... L’esprit errant et insatiable qui composait mon essence même, se remit au travail. Après une intense recherche, je perçus la notion du temps, et je la mis aussitôt en œuvre. Ma planète s’anima, inscrivant une rotation autour des astres scintillant, et pivotant sur elle-même. Le jour et la nuit furent créés avec toutes leurs nuances ! Le crépuscule et l’aurore, phénomènes inattendus, s’animèrent comme par enchantement, répondant à la logique d’une mécanique devenue autonome, riche de milliards de paramètres s’imbriquant telles les pièces d’un puzzle complexe. Pendant des siècles, je suis resté inactif, subjugué par les jeux de lumière sur la roche, le sable, l’eau, les nuages, la brume, la neige, la glace… Parfois, dans quelques soubresauts de créativité, j’apposais les dernière touches avec la pluie, la foudre, le vent, les tornades, la température, les courants, les marées, les bulles, l’écume… J’étais si fier ! Fier, mais insatisfait. Il manquait quelque chose ! Une chose essentielle dont la complexité me paraissait supérieure à tout ce que j’avais érigé jusqu’alors. Une chose dont je craignais qu’elle fût au-delà de mes propres facultés… <ref>{{Roman Noob|saison=4.5|pages=79 et 80}}</ref>{{fin citation}}
 
{{Début citation}}— Ce tableau magnifique, cette œuvre que je pensais terminée, me parut très vite ennuyeuse. Trop calme... Trop prévisible... Trop figée... L’esprit errant et insatiable qui composait mon essence même, se remit au travail. Après une intense recherche, je perçus la notion du temps, et je la mis aussitôt en œuvre. Ma planète s’anima, inscrivant une rotation autour des astres scintillant, et pivotant sur elle-même. Le jour et la nuit furent créés avec toutes leurs nuances ! Le crépuscule et l’aurore, phénomènes inattendus, s’animèrent comme par enchantement, répondant à la logique d’une mécanique devenue autonome, riche de milliards de paramètres s’imbriquant telles les pièces d’un puzzle complexe. Pendant des siècles, je suis resté inactif, subjugué par les jeux de lumière sur la roche, le sable, l’eau, les nuages, la brume, la neige, la glace… Parfois, dans quelques soubresauts de créativité, j’apposais les dernière touches avec la pluie, la foudre, le vent, les tornades, la température, les courants, les marées, les bulles, l’écume… J’étais si fier ! Fier, mais insatisfait. Il manquait quelque chose ! Une chose essentielle dont la complexité me paraissait supérieure à tout ce que j’avais érigé jusqu’alors. Une chose dont je craignais qu’elle fût au-delà de mes propres facultés… <ref>{{Roman Noob|saison=4.5|pages=79 et 80}}</ref>{{fin citation}}

Version actuelle datée du 29 novembre 2019 à 12:36

Cet extrait met en scène l'esprit de Fargöth, la Source de la création, et Arthéon le guerrier.

« — Lorsque je suis devenu une entité dotée de conscience, il n’y avait rien… Pas de lumière, pas d’obscurité, pas de matière solide, ni liquide, ni gazeuse, aucune forme de vie, de mort, rien ! Toutes ces choses, olydrien, tu ne peux les concevoir. Très vite, j’ai découvert l’étendue de ce que je pensais être un don. J’étais capable de songer à des choses qui n’existaient pas, puis de les générer à l’aide des flux magiques parcourant mon âme, car c’est tout ce que j’étais à l’origine. Une idée… Un être immatériel capable de penser au milieu du vide absolu. Tel un élu venu au monde par hasard ou par la volonté d’un être supérieur, je me sentais capable de remplir le rien, mais avec quoi ? J’ai entrepris de faire des expériences afin d’élever mon esprit. Je voulais être en mesure d’élaborer des éléments toujours plus complexes. Au début, ce n’était pas concluant, mais à force d’efforts, je fus en mesure de matérialiser la lumière. Insatisfait, je compris que ces rayons infinis avaient besoin d’être moins purs…. Moins rectilignes… Ainsi créai-je la matière gazeuse, venue déformer ces faisceaux, mais cela ne me suffisait pas. Il manquait quelque chose. Une chose essentielle dont je percevais la nécessité sans pour autant parvenir à me l’imaginer distinctement. Puis je ressentis une forme de délivrance lorsque je compris… La lumière avait besoin de se refléter, de percuter quelque chose de dense… de solide ! A partir de cet instant, tout s’enchaina très rapidement. Je générai la roche, puis l’eau, les nuages, j’entrepris de couvrir la matière de textures diverses… Les connexions découlaient comme des évidences ! J’étais pris d’une frénésie créatrice proche de la folie ! Ainsi fut créée Arturis, l’épicentre de l’univers. La planète originelle… Ma maison…[1]  »

« — Ce tableau magnifique, cette œuvre que je pensais terminée, me parut très vite ennuyeuse. Trop calme... Trop prévisible... Trop figée... L’esprit errant et insatiable qui composait mon essence même, se remit au travail. Après une intense recherche, je perçus la notion du temps, et je la mis aussitôt en œuvre. Ma planète s’anima, inscrivant une rotation autour des astres scintillant, et pivotant sur elle-même. Le jour et la nuit furent créés avec toutes leurs nuances ! Le crépuscule et l’aurore, phénomènes inattendus, s’animèrent comme par enchantement, répondant à la logique d’une mécanique devenue autonome, riche de milliards de paramètres s’imbriquant telles les pièces d’un puzzle complexe. Pendant des siècles, je suis resté inactif, subjugué par les jeux de lumière sur la roche, le sable, l’eau, les nuages, la brume, la neige, la glace… Parfois, dans quelques soubresauts de créativité, j’apposais les dernière touches avec la pluie, la foudre, le vent, les tornades, la température, les courants, les marées, les bulles, l’écume… J’étais si fier ! Fier, mais insatisfait. Il manquait quelque chose ! Une chose essentielle dont la complexité me paraissait supérieure à tout ce que j’avais érigé jusqu’alors. Une chose dont je craignais qu’elle fût au-delà de mes propres facultés… [2]  »

« — La vie, répéta la Source de la création. Ton pressentiment s’avère exact, olydrien. Il s’agissait là de ce que je considérais comme étant un aboutissement… Mon aboutissement ! La raison pour laquelle j’étais moi-même né ! Cela ne fut pas chose aisée. Malgré toute mon expérience et tous mes pouvoirs, je ne savais comment m’y prendre pour mettre en œuvre cette notion difficile à percevoir. Après plusieurs millions d’années de tentatives infructueuses, je parvins enfin à matérialiser une cellule souche à l’équilibre parfait. Je tenais enfin le socle sur lequel j’allais sublimer mon art ! La matière organique apparut sur Arturis, d’abord sous forme d’entités infiniment petites, puis sous forme végétale. Ce premier cycle fut suivi d’un deuxième. Celui du règne animal ! Je n’éprouvais plus aucune limite ! J’étais transcendé ! Des milliards d’espèces naquirent, se croisèrent au fil des générations, et très vite, je fus contraint de créer de nouvelles planètes, que j’organisai autour de soleils dans des galaxies dont la taille dépasse ton entendement, olydrien. Enfin, je décidai de nommer l’ensemble de mon œuvre ; univers ![3]  »

« — Le troisième cycle fut celui des êtres dotés d’une âme. Je tentais d’affiner mon art en cherchant à reproduire ma propre conscience. Tu appartiens au troisième cycle, Olydrien. Toi, mais pas uniquement. Humains, elfes, nains, gobelins, trolls, fées, orcs, Arturisiens, ou même ceux que vous appelez Astrasiens, la liste est longue, et tu ne croiseras probablement jamais ne serait-ce que le millième de tes congénères éloignés, répartis sur diverses planètes dans un espace qui, à tes yeux, demeure infiniment grand. Cette étape fut celle qui changea radicalement l’essence de mon univers. Désormais autonome, je laissais le libre arbitre devenir la règle régissant toute chose. En tant que Source de la création, je n’ai pas le pouvoir de détruire. Je ne peux que générer, et contempler… Au début, ce fut merveilleux ! La vie, l’interaction entre les espèces, la joie, la fierté, la tendresse, le courage, la compassion, l’amour et toutes les émotions que je voulais voir prédominer m’offraient un spectacle fascinant ! J’errai entre les mondes, et j’observais. (...) Hélas ... Au fil des millénaires, une facette plus sombre de moi-même se manifesta. Une forme de curiosité malsaine nourrie par une lassitude qui s’était installée en moi… Je me demandais ce qui pouvait se produire si j’ajoutais quelque chose d’inattendu dans cette alchimie si parfaite… Allais-je être encore plus comblé par le caractère imprévisible de ce balai éternel ? Toutes ces entités, générées pour tromper mon ennui chronique, devaient faire mieux ! Leur existence devait être moins linéaire… Moins permanente… C’est ainsi que je commis ma première erreur. La première d’une longue liste, mais la pire de toutes ! Je venais de créer la notion de mortalité… Je soumis les trois cycles à cette nouvelle règle à laquelle j’associais le temps. Il devenait alors possible de disparaître, d’être arraché à sa forme physique, soit à cause du poids des années devenu néfaste pour les enveloppes organiques, soit à cause des maladies et autres dégradations corporelles. Curieux, je distillais cette aberration de manière inégale sur les peuples, les animaux et les végétaux. Je constatais que plus la mort était présente, et plus les vies étaient intensément vécues. Elles étaient incontestablement plus fortes, plus trépidantes ! A contrario, les autres, moins exposés, vivaient de manière plus austère, plus sereines, plus ennuyeuses…[4]  »

« — Ma défaillance s’aggrava par la suite. Épris de pulsions perverses dont je ne percevais pas l’enjeu, je répandis d’autres fléaux sur cette œuvre jugée encore trop lisse à mon goût... J’affublais certaines espèces de sentiments nauséabonds, telle que la colère, la tristesse, la peur, la convoitise ou encore l’intolérance. L’entité supérieure que j’estimais être se contentait de regarder, insensible à toute notion de bien ou de mal… Ma contemplation se mut en voyeurisme. J’adorais épier chaque détails de la vie des générations se succédant, siècle après siècle. Certains parvenaient au bout de leur cycle naturel, d’autres étaient assassinés, foudroyés par la maladie, ou succombaient à des accidents imprévisibles et injustes. Parmi ceux que j’avais choisi de soumettre à mes expériences abjectes, nul n’échappait à la mort ! Peu importait qu’ils fussent vils, vertueux, innocents, elle s’abattait inéluctablement ! Puis, un jour, l’être égoïste que j’étais, se lassa des guerres et autres atrocités. Pour tout avouer, je commençais même à éprouver un sentiment de honte. J’avais honte de ce que j’avais fait… J’avais honte de ce que mon œuvre était devenue… Je fus même victime de ma propre folie, car il m’arrivait d’éprouver de la tristesse pour certains être exceptionnels, fauchés par le mal dont j’avais imprégné ce tableau autrefois si merveilleux ! Je voulais revenir à l’harmonie du troisième cycle. Hélas, comme je l’ai expliqué, je n’ai pas le pouvoir de détruire… Je ne pouvais soustraire la mort à mon univers. (...) Pendant longtemps, j’ai cherché un moyen de dissiper ce que je considérais comme étant un parasite… Une trace de ma défaillance passagère venue dénaturer ce à quoi j’aspirais. Découragé par mes échecs successifs, je décidai de me tourner vers une autre solution. Je devais générer une nouvelle forme d’harmonie dans laquelle la mort et tous les sentiments néfastes dans son sillage, trouveraient une place. Une utopie dans laquelle le bien triompherait inéluctablement du mal… Mon souhait le plus cher était de permettre à toutes ces victimes de lutter contre l’enfer dans lequel je les avais plongées ! Les valeurs telle que la paix, l’harmonie, la tolérance, devaient se mériter, se chérir, et être protégées aussi longtemps que possible ! Malheureusement, la vie avait été fragilisée... La peur prédominait… La loi du plus fort régissait les peuples les plus exposés, et il leur était impossible d’endiguer le phénomène. Moi, leur créateur, je ne parvenais pas à leur offrir une existence plus paisible ! Toutes mes tentatives ne faisaient qu’empirer les choses. Ceux que je dotais du pouvoir de capter et d’utiliser les flux magiques pour mieux se défendre, étaient emportés dans des guerres de plus en plus meurtrières ! Offrir plus de puissance équivalait à galvaniser les sentiments hostiles telle que la convoitise. La vie étant opposée à la mort, j’étais incapable de modifier les effets de l’un sans détruire l’autre. J’étais pieds et poings liés… Dépassé… Résigné… (...) C’est là qu’une possible solution traversa mon esprit. Et si je diminuais mon propre pouvoir ? Et si je générais des êtres supérieurs, capables de régir mon univers ? De m’épauler ? De me conseiller ? De m’empêcher d’aggraver la situation à chaque fois que ma lassitude me poussait à agir sans avoir le recul nécessaire ? Décidé, j’entrepris d’amorcer le quatrième cycle, celui des Sources. J’offrais à ces créatures une partie de mes aptitudes, telle que la genèse de flux magiques, d’êtres issus des premier, deuxième et troisième cycles, ou encore le remodelage des mondes à l’aide d’un artéfact nommé Pierre des âges. La première fut Lys, la Source de la vie, symbole de renouveau. La seconde fut Ark'hen, celle de la mort, allant de pair avec mon besoin obsessionnel d’équilibre. Chaque rouage de mon œuvre fut confié à ceux que j’appelle aujourd’hui encore, mes enfants. Le dernier d’entre eux, comme je l’évoquais, fut Dörtos, la Source du néant. Mon ultime idée était de mettre au monde une entité capable de me détruire et par conséquent, d’apaiser mon esprit tourmenté si cela devenait nécessaire. Ne pouvant créer le rien, je décidai de m’en rapprocher avec le néant, capable d’avaler toute chose émanant de mon essence même. Indécis quant au sort que je devais me réserver, je décidai de me créer une enveloppe corporelle, et de mener une existence physique. Mon objectif était de percevoir les choses depuis un angle nouveau. J’espérais comprendre mon propre univers et découvrir le remède qui me faisait tant défaut. Abandonnant mon œuvre aux Sources, je naquis sur la planète Arturis, dépourvu de pouvoirs. Mon existence fut égoïstement heureuse, car Lys me préserva à mon insu du mal que j’avais répandu. Un beau jour, je mourus, rattrapé par le temps. Une fois revenu à l’état d’entité immatérielle omnisciente, je fus meurtris de découvrir une vérité que je n’étais pas prêt à accepter. Mes enfants avaient profité de mon existence mortelle pour s’entredéchirer. Ma conscience ayant été bridée, cloisonnée dans une enveloppe corporelle, je m’étais entièrement concentré sur la vie, ses émotions, ses épreuves, et ceci jusqu’à ma mort. J’avais souhaité ne percevoir rien d’autre que mon entourage afin de ne pas fausser l’expérience que je menais. Quelle erreur ! Quelle tristesse ! Quel sentiment d’échec ! Voir les Sources se disputer ce qu’elles appelaient leur territoire, avait brisé ma volonté. Sans attendre, je sommai Dörtos d’accomplir ce que sa nature brûlait de faire depuis ses premiers instants de conscience… Avaler le père de toute chose… Aussitôt, le néant m’encercla. Sans lutter, je le laissai faire, disparaissant dans ce que j’imaginais être ma toute dernière expérience… [5]  »

« — Avant de sombrer dans le néant, je décidai de générer une toute dernière chose, continua Fargöth. Un artéfact forgé dans le plus pur des métaux, et empreint d’un flux particulièrement rare. Un flux gorgé d’espoir. Il s’agissait de la leçon que j’avais retenue de mon existence mortelle. La seule arme capable de guérir les maux de ce monde était l’espoir. Quelle ironie… Cette notion abstraite, je ne l’avais pas générée… Elle n’émanait d’aucune Source. Elle avait tout simplement découlé des comportements des êtres du troisième cycle, confrontés à la mort. Leur conviction était si intense, qu’elle devint magie, puis se mélangea aux autres flux. Une infime trace de l’entité que je fus est restée emprisonnée dans cette force saine, dont cette épée est le symbole. J’ai la prétention de croire que malgré mes erreurs, je représente un des multiples aspects de cet espoir. Ces millions d’années de sommeil ont apaisé mon esprit. Je suis de nouveau habité par la volonté de jouer un rôle bénéfique pour terminer mon tableau, mais je n’ai plus de pouvoir. J’ai attribué chaque parcelle de mes compétences à mes Sources, laissant le reste sombrer dans le néant. Désormais, mon univers peut être considéré comme terminé d’un point de vu matriciel. Néanmoins, son évolution ne fait que commencer. Une évolution échappant à mon contrôle, mais aussi à celui de mes enfants, à l’image de cette entité… Sin, la Source de l’infini, le fruit de la cohabitation improbable entre la vie et la mort. Sa genèse est proche de la mienne… Imprévue… Indésirable… Mystérieuse… Saralzar, la Source du chaos a également attisé ma curiosité. Jamais je n’aurais imaginé qu’un individu issu du troisième cycle puisse accéder au rang d’être supérieur ! Autant de preuves que cette œuvre complexe a pris son envol, libérée de toute emprise de ma part. [6]  »

Références

  1. La Faction du Chaos (roman Noob, saison 4.5), pages 78 et 79
  2. La Faction du Chaos (roman Noob, saison 4.5), pages 79 et 80
  3. La Faction du Chaos (roman Noob, saison 4.5), page 80
  4. La Faction du Chaos (roman Noob, saison 4.5), pages 80 à 82
  5. La Faction du Chaos (roman Noob, saison 4.5), pages 82 à 85
  6. La Faction du Chaos (roman Noob, saison 4.5), page 86